Jamaica

Land we love !

En conduisant à travers les rues de Kingston, on se rend compte qu’il n’y a pas de commune mesure entre le fait d’être né dans la pauvreté et le fait d’être né avec un minimum de confort matériel dans la vie grâce à un héritage, ce que les Jamaïcains appellent ‘Dead lef’. Si vous enlevez les ghettos infestés de cabanes et de bâtiments délabrés et les zones désertes occupées par des sacs plastiques ou des papiers virevoltants au vent, vous devez remarquer, au moins, que la région est belle, entourée par les eaux foisonnantes, des arbres de toutes sortes, une atmosphère remplie du meilleur air à respirer. Remarquez également que la terre est fertile et naturelle, la mer n’est jamais vide et le soleil brille toujours. Cela ouvre la voie à une vie saine. Mais la plupart des Jamaïcains vivent en dessous du seuil de pauvreté malgré tous les bienfaits de la nature environnante.

Un foyer Jamaïcain typique est composé de 8 à 9 membres, parfois plus, et dans la plupart des endroits, en particulier dans les ghettos, ces maisons se composent de 2 chambres à coucher. La famille est importante pour un jamaïcain et la mère revêt plus d’importance auprès des enfants que le père, qui bien souvent est absent, voire dans la plupart des cas, impossible à trouver. Typiquement, la famille cuisine et mange ensemble et les membres qui travaillent achètent ensemble les courses. Dans la plupart des foyers, au moins 2 à 3 personnes ont un travail. Depuis les flambées de violence politique du début des années 1970, qui sont responsables de la lourde charge qui pèse sur la vie sociale et financière, le pouvoir d’achat baisse chaque année de 40%. Si vous êtes un homme des collines Jamaïcaines, alors la plupart des soucis sont oubliés. Le flanc de la colline est truffé d’ignames sauvages douces, prêtes à être récoltées. On peut aller dans la brousse et trouver toutes sortes de fruits et de légumes semés par les oiseaux et les autres animaux. Oranges, ackees, mangues, fruits à pain, pommes, poires, manioc pour n’en nommer que quelques-uns. Si vous êtes un homme vivant à proximité de la mer, alors la pêche devra être votre objectif. Beaucoup de Jamaïcains choisissent de vivre de cette manière car cela allège le fardeau de la soi-disant ‘Société cupide’. Le petit-déjeuner à la Jamaïcaine est lourd, il comprendra généralement du ragoût de poulet servi avec tout un tas d’ingrédients bouillis : boulettes, bananes vertes, pommes de terre et patates douces. On peut aussi servir du ‘ackee et du poisson salé’ ou bien encore de la ‘soupe calalloo’ toujours avec le poisson salé, servi avec des boulettes, etc… La raison pour laquelle la plupart des Jamaïcains mangent traditionnellement lourd le matin est que la plupart ne savent pas quand, où et comment se fera le prochain repas. Dans le ghetto, les denrées périmées sont plus présentes sur les étagères des magasins que les légumes frais et sont vendues au même prix car les propriétaires cherchent à trouver des façons de les vendre. Le dos de poulet est normalement la partie rejetée de la volaille, en particulier par la classe supérieure, mais l’homme pauvre l’appelle son ‘Steak’.

Le salaire minimum est de 5000 dollars Jamaïcains (soit près de 200 euros) par mois. Le plus fortuné emploie généralement quelqu’un afin qu’il l’assiste dans ses tâches quotidiennes. La nation est divisée par la politique et la religion. Il y a deux principaux jours où les gens vont à l’église : le samedi et le dimanche. Les dimanches sont vus en Jamaïque comme un jour festif, où chaque foyer essaie de cuisiner le meilleur repas de la semaine. La Jamaïque possède une population de 2,7 millions d’habitants et plus de la moitié de celle-ci vit en dessous du seuil de pauvreté. Les familles luttent pour faire un meilleur usage de leurs maigres ressources. Cette lutte divise les familles et les parents envoient les enfants vendre du jus de fruits ou des chewing-gums après l’école. Certains des garçons les plus âgés, à 14 ans et au-delà, peuvent être aperçus en train de laver les vitres des voitures aux feux rouges, le tout sous un soleil de plomb entourés par les SUV et les véhicules du gouvernement. Un scénario typique de la différence entre les riches et les pauvres. Malgré le peu d’argent en poche, un jamaïcain fera la fête. D’une manière ou d’une autre les amis vont payer pour lui ou lui donner à manger lorsqu’il suit un groupe. La vie de fête, la nuit, en particulier les week-ends, avec des haut-parleurs à fond, fait partie des activités pour s’amuser. Il serait surprenant de savoir que les femmes Jamaïcaines en général ne fument pas. Les hommes le font bien plus. Les hommes les plus jeunes se saoulent rarement car ils ne boivent pas pour se saouler. Les lieux pour danser sont partout la nuit et la musique du coin est le Reggae. Avec les activités sociales vient l’agitation sociale, le pays en est gangréné. La violence est le principal sujet d’inquiétude. Une belle et normale journée peut tourner et devenir un jour triste et laid. Vous pourriez être au au centre-ville de Kingston faisant du shopping et vous retrouver à éviter des balles ou quitter Kingston et éviter les mêmes balles à Montego Bay. Mais la violence n’est étrangère à aucun pays, juste différente en Jamaïque. Même si la difficulté est évidente et semble s’aggraver, en quelque sorte, les gens survivent.

Carron A.J. McGibbonCélèbre tromboniste et membre original de Jamaica All Stars, chanteur de Unit 3 et claviériste pour I Jah Man Levi et The Mighty Diamonds.

 
 
 
 
 
 
 
Il y a encore tant d’autres choses à voir !

Découvrir plus de projets